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La presse en parle


John Cooper est décédé voici quelques années à l'âge de 77 ans. La Formule 1 actuelle lui doit toujours son architecture déclinée autour du moteur central. Une implantation qui s’est imposée depuis 40 ans comme une évidence biblique. Avec la Mini, John Cooper s’est essayé à un tout autre exercice. En Angleterre, les voitures populaires ont toujours eu vocation à envahir les circuits, fréquenter les courses de côte et les grands rallyes européens moyennant une préparation ad hoc. Cette conception “démocratique” du sport automobile (que l’on a également encouragée en France dans les années 50 et 60 grâce à Renault et Panhard) a permis à la petite Austin de tenter sa chance elle aussi en tirant le meilleur profit de sa maniabilité diabolique.
Nous ne reviendrons pas ici sur le génie de sa conception. Disons, pour résumer, qu’il n’a pas échappé à John Cooper. L’essayer, c’est l’adopter : quelques miles au volant ont suffi à le convaincre que cette charmante "citadine" avait vraiment tout d’une grande et qu’il ne lui manquait en somme que quelques chevaux de renfort pour devenir une vraie championne. John Cooper a "rêvé" la Cooper S, Hopkirk et Makinen se sont chargés de la couronner en compétition. En résumé, c'est une simple histoire d’hommes qui se passe de CAO, de tests clientèle et de budget publicitaire. En d’autres termes, la Cooper S consacre la revanche du pragmatisme artisanal en grande série...


Comme la R8 Gordini, la Cooper S vaut toutes les écoles de pilotage. C’est une voiture faite pour “apprendre” et vous inciter à reculer vos propres limites. Comme la Gorde ou la Cortina Lotus, elle a forgé son image mythique à l’épreuve du chrono et là où on ne l’imaginait pas. S’il fallait peut-être un Makinen pour la mener à la victoire face à des machines souvent trois fois plus puissantes, il n’en reste pas moins qu’à son volant, on partage un peu de cette gloire passée. 35 ans après ses hauts faits d’armes, on n’a toujours pas oublié ses "travers" historiques dans les épingles du Turini. A ce titre, elle a sa place dans toutes les collections, même les plus élitistes. Entre une Ferrari 250 GT Berlinetta et une Aston Martin DB4 GT, elle ne risque pas de faire tâche. C’est toujours un choix de connaisseur. Au nom de l’histoire. De son histoire…
Au volant, la magie opère dès la première épingle. Oubliez les freins, ils sont rarement "nécessaires". Tournez le volant d'une poigne décidée, gardez le pied sur l'accélérateur et laissez-là faire. En général, elle passe toujours l'épreuve haut la main, rivée sur ses "roulettes" de 10 pouces comme un TGV sur ses rails. Au pire, l'arrière décroche un peu mais en insistant à peine, la Cooper S se joue des transferts de masse et se replace en ligne juste à temps pour affronter la prochaine courbe avec jubilation. Le saviez-vous ? La valse à mille temps est son tempo préféré. En montagne ou sur une départementale de plaine aussi tortueuse que la piste du Train de la mort à la Foire du Trône, elle aura toujours le mot de la fin. Celui qui achèvera de vous convaincre que le reste n'a finalement aucune importance. Le reste, c'est à dire ses 75 chevaux très anodins, sa modeste vitesse de pointe, sa boîte archaïque, son confort inexistant et son équipement de bord digne d'une 4L. C'est ainsi : la Cooper S n'est pas une servante au grand coeur. Renoncez donc aux longs rubans d'autoroute et aux courses en centre-ville aux heures de pointe. Si elle ressemble à une coquette "citadine", sa mission première consiste bien à dévorer les "spéciales" comme s'il s'agissait d'une récompense. Il faut donc savoir à l'avance comment on doit en profiter...